Guinea: evaluation indépendante de la composante Survie et Développement de l’enfant (CSD) du Programme de Coopération UNICEF-Guinée 2013-2017

Organization: UN Children’s Fund
Country: Guinea
Closing date: 21 Nov 2016

  1. Contexte
    L’UNICEF et le Gouvernement guinéen se sont engagés en fin 2012 dans un nouveau cycle de programme de coopération allant de 2013 à 2017. Le ” Programme-Pays » ou CPAP 2013-2017 s’inscrit dans les objectifs du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUAD) pour la période 2013-2017, lui-même aligné sur les priorités et besoins nationaux reflétés notamment dans le Plan Quinquennal de Développement Socio-économique 2011-2015 et dans les Documents Stratégiques de Réduction de la Pauvreté (DSRP) II et III, avec un accent particulier sur les enfants les plus vulnérables et défavorisés.

Le ” Programme-Pays » 2013-2017 vise à contribuer à la réduction de 25% de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, à l’augmentation du taux d’achèvement de l’enseignement primaire de 20% et à la protection des enfants d’une manière équitable et durable.

Un an avant la fin du cycle de programme UNICEF-Guinee 2013-2017, la Guinée est toujours à un point critique de son processus de développement politique, économique et social. Le pays reste l’un des plus pauvres au monde malgré sa très grande richesse en ressources naturelles. Selon les données disponibles (principalement ELEP 2012 et EDS-MICS 2012), le taux de pauvreté a augmenté entre 2007 et 2012, passant de 53 % à 55,2 %. Plus de 6,2 millions de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté établi à 1,25 dollars par personne et par jour. L’extrême pauvreté (c.à.d. la capacité de satisfaire les besoins alimentaires de base) est passée de 12,2 % à 18,0 % sur la même période.

Le système global de prestation des services sociaux de base, déjà faible avant la crise Ebola, a été soumis à une très forte pression supplémentaire due aux répercussions économiques et sociales de la crise Ebola qui a duré 2 années entières (2014 et 2015). Déclenchée en Décembre 2013 et reconnue officiellement comme épidémie à partir de Mars 2014, la maladie a touché 31 districts sanitaires sur les 38 que compte le pays, représentant une population de 9 millions d’habitants sur les 10,6 millions d’habitants que compte le pays (RGPH, 2014). Entre 2014 et 2015, 3.351personnes ont été confirmées infectées par Ebola parmi lesquelles, 2.083 personnes en sont décédées.

Les indicateurs de santé déjà faibles avant la crise Ebola se sont davantage dégradés sous l’effet de la psychose entretenue autour d’Ebola, entraînant par endroits la fermeture de structures sanitaires. Concernant la fréquentation des services de soins maternels et infantiles, les statistiques disponibles indiquent une baisse de 20% pour les accouchements assistés et 25% pour les consultations prénatales. Il en est de même de la couverture vaccinale qui a connu une baisse de 30%[1]. L’épidémie de la maladie à Virus Ebola a été révélateur des faiblesses du système de santé notamment en ce qui concerne : i) le sous-financement du secteur santé ; ii) la mauvaise gouvernance à tous les niveaux avec l’inexistence de structures et mécanismes fiables de redevabilité; ii) la faible capacité des districts sanitaires à assurer leurs fonctions essentielles ; iii) la faible densité des ressources humaines de qualité, particulièrement au niveau décentralisé, iv) la faible implication des communautés, v) la faible couverture en services essentiels de santé de qualité dans le cadre de la réforme de couverture sanitaire universelle, vi) la faible disponibilité de médicaments, vaccins, équipements, produits médicaux et autres technologies de qualité ; vii) la mauvaise gestion de l’information sanitaire pour les prises de décisions et la gestion des services particulièrement au niveau décentralisé.

Bien que le taux de mortalité infanto-juvénile se soit amélioré sur la période 2005 à 2012 (passant de 163 à 122 pour 1000 naissances vivantes), il est fort probable que les conséquences de l’épidémie Ebola sur le système de santé ait détérioré cet indicateur qui était déjà critique. Les principales causes de mortalité infanto-juvénile restent, en plus de la malnutrition pour un tiers des cas, le paludisme (26% des cas), les infections respiratoires (13% des cas) et la diarrhée (08% des cas). L’EDS-MICS 2012, indiquait qu’au cours des deux semaines précédant l’enquête, 6% des enfants de moins de 5 ans ont souffert d’IRA, 29% ont eu de la fièvre et 16% de la diarrhée. Les maladies telles que le tétanos maternel et néonatal, la rougeole et la poliomyélite ne sont pas encore éradiquées. Des cas de rougeole et de poliomyélite ont été notifiés en 2015 et de TMN en 2014.

Le Taux de mortalité maternelle, qui était aussi en baisse (passant de 980 à 724 pour cent mille naissances vivantes entre 2005 et 2012) s’est aussi probablement dégradé avec l’impact de l’épidémie Ebola sur le système de Santé. En effet, selon l’étude d’impact de la MVE sur les services de santé (2014), le taux des accouchements assistés par du personnel qualifié qui était déjà faible (48 % dont 32 % en milieu rural et 84 % en milieu urbain) a connu une baisse de 20% (et 25% pour les consultations prénatales) du fait de l’épidémie Ebola. Le nombre de femmes enceintes ayant reçu un traitement ARV pour la PTME a augmenté dans les zones sans Ebola (+51%) et baissé dans celles avec Ebola (-21 %) avec une accentuation dans les zones à forte incidence (-30%).

L’enquête Nationale SMART réalisée auprès de plus de 8.000 participants avec des résultats représentatifs par région et par préfecture pour la zone de Kankan, a montré que la prévalence de la malnutrition aigüe (MAG) est passée de 31% en 2012 à 26% en 2015 au niveau national. Des taux de malnutrition chronique globale et sévère respectivement de 25.9% et 9,2% et des taux d’insuffisance pondérale globale et sévère de 16,2% et 4,4% sont notés. Le taux de malnutrition aigüe selon le périmètre brachial est de 5,1% dont 1,3% de sévère. Selon le sexe, la malnutrition touche les enfants de sexe masculin plus que ceux de sexe féminin. La prévalence de la malnutrition augmente avec l’âge pour la malnutrition chronique et l’insuffisance pondérale alors qu’elle diminue pour la malnutrition aigüe. Elle comporte des disparités selon le milieu d’habitation, le revenu de la famille et le niveau d’instruction. En dix ans, les prévalences de la malnutrition ont faiblement baissé. La quasi-totalité des enfants sont allaités (97 % en 2015). Cependant, l’allaitement maternel exclusif des enfants jusqu’à six mois n’est pratiqué que par 27% des femmes.

L’approvisionnement des populations en eau potable s’est dégradé aussi (67,8% en 2012 contre 64,4% en 2015) tandis que l’accès à un système d’assainissement amélioré ne s’améliore pas ou très peu (30,7% en 2012 contre 31,8% en 2015). Déjà en 2012, la proportion d’individus utilisant de l’eau potable est passée de 74,1 % en 2007 (dont 90,9% en milieu urbain et 67,8 % en milieu rural) à 68,6% en 2012 (dont 92,9% en milieu urbain et 57,1% en milieu rural). La privation ainsi que la disparité entre milieu urbain et milieu rural se sont accrues durant cette période. L’eau de boisson n’est pas traitée dans 74% des ménages (81 % en milieu rural et 58 % en milieu urbain). On note que 36 % des ménages utilisent encore des fosses d’aisance sans dalle ou trous ouvert et 20 % ne disposent pas de toilette. Ces proportions sont plus élevées en milieu rural (respectivement 47% et 29 %).

Le pays reste par ailleurs fragile et marqué par les diffèrent types de conflits et tensions, y compris les violences politiques, les conflits au niveau communautaire, les tensions sociales et ethniques, et l’instabilité liés aux conflits et menaces terroristes dans la région, et les catastrophes naturelles. Rien que pour l’année 2013, 157.676 personnes ont été sinistrées par les inondations et 16.711 personnes ont été déplacées par les conflits intercommunautaires dans le sud du pays. Le faible niveau de prévention, de préparation et de réponse aux conflits et crises au niveau national reste un défi majeur.

Dans le domaine de la mise en œuvre du CPAP, la crise Ebola a surtout perturbé les plans d’investissement de l’UNICEF comme des autres agences du SNU et radicalement changé les priorités. En effet, la riposte à l’épidémie Ebola a contraint l’UNICEF, comme le gouvernement et tous ses partenaires à détourner l’essentiel des ressources disponibles vers l’urgence Ebola. De ce point de vue, l’épidémie Ebola a été une contrainte majeure dans la mise en œuvre du Programme. L’exécution de bon nombre des programmes au niveau des différentes composantes a été mise en mal au plus fort de l’épidémie (2014-2015) au profit de l’urgence Ebola.

En définitive, la mise en œuvre du Programme a été menée dans un environnement peu favorable à l’obtention des résultats escomptés à travers les différentes composantes du programme.

  1. Justification

Alors que le Programme de coopération 2013-2017 avait été conçu initialement avec 7 composantes (1-Sante de la mère et de l’enfant; 2-Nutrition pour la Survie ; 3-Enfants et le VIH/SIDA ; 4-EHA ; 5-Education de base de qualité; 6-Protection des enfants ; 7- Politiques Sociales, Plaidoyer, Suivi et Evaluation), la crise Ebola a montré la nécessité d’une meilleure intégration programmatique, particulièrement des composantes 1, 2, 3 et 4 plus haut, autour du concept de ” Survie et Développement de l’Enfant » (Child Survival and Development – CSD).

C’est ainsi qu’autour de Juillet 2015, l’approche intégrée CSD a commencé à se matérialiser, avec le recrutement d’un chef CSD chargé de coordonner et favoriser l’intégration des programmes Sante et VIH, Nutrition et WASH.

La Revue à Mi-Parcours du programme en Novembre 2015 a certes abouti à la décision de maintenir les 7 composantes (pour un meilleur alignement avec le Plan Stratégique global d’UNICEF) mais a surtout renforcé la perspective d’une meilleure intégration entre les volets 1-Sante de la mère et de l’enfant ; 2-Nutrition pour la Survie ; 3-Enfants et le VIH/SIDA ; et 4-EHA, autour du Programme ” Survie et Développement de l’Enfant ».

Les résultats visés par les composantes du CSD sont les suivants :

  1. Santé de la mère et de l’enfant : D’ici fin 2017, les femmes, les enfants surtout les plus vulnérables ont accès et utilisent les interventions de santé à haut impact et les communautés connaissent et adoptent les Pratiques Familiales Essentielles de la santé pour réduire la mortalité maternelle et infantile y compris en situation d’urgence.

  2. Nutrition pour la Survie : D’ici 2017, la malnutrition infantile et maternelle est réduite chez les plus vulnérables et les ménages adoptent les comportements favorables à la bonne nutrition et hygiène alimentaire.

  3. Enfants et le VIH/SIDA : D’ici 2017, les enfants (incluant les adolescents) et les femmes surtout les plus vulnérables ont accès et utilisent les interventions à haut impact appropriées pour réduire la transmission, la morbidité et la mortalité liées au VIH/SIDA et éliminer la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

  4. Eau – Hygiène- Assainissement : La prévalence des maladies diarrhéiques est réduite de 15% et l’incidence par helminthiases diminuée de 10% et au moins 30% des parents, tuteurs, chefs de familles et enfants lavent leurs mains à l’eau et au savon aux moments cruciaux, consomment de l’eau potable et savent traiter l’eau à domicile avant sa consommation et utilisent des latrines hygiéniques.

Le programme est exécuté sur l’ensemble du territoire national, couvrant 8 régions administratives et une population totale de 10.6 millions d’habitants (RGPH 2014).

Le but de faire une évaluation de l’ensemble du CSD (plutôt que seulement le volet Sante) est de vérifier jusqu’où l’approche CSD aura permis d’aboutir à une meilleure performance et impact des différentes composantes du CSD, comparée à la situation antérieure (avant Juillet 2015) ou elles étaient conduites séparément. La RMP du CPD (tenue en Novembre 2015) a été un premier pas dans cette analyse mais on en était encore pratiquement au début de l’approche CSD et donc avec pas assez d’éléments pour une bonne analyse. L’objectif de la présente évaluation (environ un an après la mise en pratique de l’approche CSD) est de tirer des leçons de cette nouvelle approche, dans la perspective de préparation du nouveau CPD.

La présente évaluation devra entre autres vérifier et mesurer l’effectivité et l’impact de l’intégration de ces 4 composantes. L’analyse devra aussi montrer la pertinence de ce choix vis-à-vis des ODD, de l’initiative mondiale ” Une promesse renouvelée pour la survie de l’enfant », et du plan stratégique à moyen terme 2014-2017 de l’UNICEF au niveau global.

  1. Objectifs :

L’objectif principal de cette évaluation est d’appréhender la pertinence et les performances du Programme Survie et Développement de l’Enfant (CSD) et de ses différentes composantes, sur la période Janvier 2013 – Juillet 2016.

Les objectifs spécifiques sont les suivants :

  • Vérifier la pertinence du Programme ” Survie et Développement de l’Enfant » et de ses différentes composantes vis-à-vis du contexte et des priorités nationales et internationales ;

  • Evaluer la contribution de l’UNICEF à la prise en compte des droits de l’enfant dans les politiques et stratégies nationales relatives à la survie de l’enfant ; Analyser/évaluer les résultats spécifiques des différentes composantes du CSD et en quoi l’intégration de ces composantes autour de l’approche CSD a favorisé ces résultats ;

  • Analyser/évaluer l’impact de l’intégration des composantes du CSD vis-à-vis de l’atteinte des objectifs nationaux ;

  • Analyser l’adéquation entre les résultats poursuivis, les ressources du programme CSD et son positionnement (globalement et celui de chaque composante) par rapport au mandat de l’UNICEF ;

  • Proposer des recommandations opérationnelles pour l’amélioration du programme en 2017 et pour le nouveau programme de coopération 2018-2022.

  • Taches Spécifiques

L’évaluation examinera d’une manière systématique et objective (dans la mesure du possible) la pertinence, la cohérence et l’efficacité des interventions d’appui de l’UNICEF aux partenaires nationaux.

Le programme CSD appui la mise en œuvre de programme national de développement sanitaire (PNDS) à l’échelle nationale. L’évaluation portera sur les interventions mises en œuvre par le programme dans le cycle actuel 2013-2017.

L’évaluation se focalisera sur les domaines et interventions suivants :

  • Au niveau national : contribution du programme au développement des stratégies sectorielles et partenariats en phase avec les objectifs nationaux et OMD ;

  • Au niveau local/district sanitaire : contribution du programme à l’amélioration de l’offre des services, l’utilisation et qualité des services ; et aux changements des comportements en faveur de la survie et développement de l’enfant.

Critères et questions de l’évaluation

Les critères d’évaluation sont ceux recommandés par l’OCDE-CAD et le Groupe des Nations Unies pour l’Evaluation (UNEG) : pertinence ; efficacité ; efficience ; impact ; durabilité ; genre, équité et droits humains.

a. Pertinence

  • Les interventions du programme répondent-elles aux objectifs du programme et aux priorités fixées par le pays et les partenaires au développement ? Dans quelle mesure les interventions du programme sont-elles en ligne avec les priorités du gouvernement et les demandes des partenaires nationaux, y compris au niveau local et régional ?

  • Les interventions du programme contribuent-elles à la réduction de la mortalité maternelle et infantile ?

  • Les résultats attendus du programme et la redevabilité de l’UNICEF sont-ils clairement définis ?

b. Efficacité

  • Les activités planifiées suffisent-elles (en quantité et en qualité) pour atteindre les résultats, ou y a-t- il des gaps non couverts par d’autres partenaires ou le gouvernement ?

  • Dans quelle mesure les interventions de la SMI, HIV/SIDA, WASH et Nutrition sont intégrées et permettent d’offrir un paquet d’intervention à haut impact aux enfants les plus vulnérables ?

  • Dans quelle mesure le programme s’appuie sur des procédures adaptées pour appuyer les partenaires et assurer un transfert de compétence ?

  • Les interventions du programme sont-elles suffisamment concentrées et hiérarchisées pour atteindre des résultats et éviter le saupoudrage ?

  • Les détenteurs de droit ont-ils été identifiés et leurs capacités évaluées dans la phase de planification du programme ?

c. Efficience

  • Le programme dispose-t-il des ressources financières et humaines nécessaires pour atteindre les résultats ?

  • Les ressources disponibles sont-elles utilisées de façon efficace, aux yeux des résultats obtenus ?

  • Existe-t-il d’autres alternatives qui peuvent produire les mêmes résultats à moindre coût .

d. Impact

  • Dans quelle mesure le programme a contribué aux progrès réalisés dans le domaine de la survie de l’enfant ?

  • Dans quelle mesure l’UNICEF assure-t-elle la cohérence et la complémentarité des interventions avec les autres composantes du programme-pays et les interventions des autres agences du SNU.

e. Durabilité

  • L’appropriation nationale du programme est-elle satisfaite ? Les conditions nécessaires pour une appropriation des interventions par la partie nationale sont-elles satisfaites ?

  • Y-a-t-il des interventions du programmes qui ont été complètement intégrées et financées sur le budget propre du pays au lieu ou en complément de celui du programme de l’UNICEF ?

  • Le programme, a-t-il identifié et développé les partenariats nécessaires pour la réalisation des résultats attendus ?

  • Les interventions prennent-elles suffisamment en compte la résilience des communautés ?

  • Dans quelle mesure les interventions humanitaires, notamment contre Ebola contribuent à la résilience post-crise et au processus de développement ?

f. Genre, équité et approches basées sur les droits humains

  • Dans quelle mesure l’UNICEF a-t-elle intégré l’approche genre dans la conception et la mise en œuvre de ses interventions ?

  • Les priorités stratégiques du programme sont-elles basées sur une analyse des problèmes d’équité et leurs causes ont été suffisamment profondes ?

  • Dans quelle mesure le plaidoyer et les interventions de l’UNICEF ont-ils contribué à un dialogue politique focalisé sur l’équité ?

  • Dans quelle mesure les outils d’opérationnalisation du programme pays permettent-ils le ciblage des enfants exclus ?

  • Les recommandations de la CDE et la CEDEF ont-elles été prises en compte lors de l’élaboration du programme ?

g. Cohérence, coordination et mécanismes de mise en œuvre

  • Les partenariats établis sont-ils les plus indiqués pour l’atteinte des résultats escomptés ?

  • Dans quelle mesure les procédures administratives d’attribution des financements et de gestion du programme favorisent-elles ou freinent-elles l’adaptation des actions aux besoins des bénéficiaires ?

  • Dans quelle mesure l’introduction de VISION et l’outil FACE améliore-t-elle significativement les chances d’obtenir les résultats attendus ?

  • Dans quelle mesure les mécanismes de suivi et de coordination ont-ils d’une part été focalisés sur les résultats et d’autre part ont-ils contribué à les améliorer et à assurer le continuum urgence-développement ?

  • Méthodologie

Processus et Méthodologie de l’évaluation

L’évaluation utilisera des méthodologies variées, incluant des méthodes qualitatives, des méthodes quantitatives consistant à une analyse des données d’enquête quantitative existantes (EDS-MICS 2012, SMART 2015, etc.) et l’examen de documents existants pour atteindre les objectifs et répondre aux questions décrites ci-dessus. La méthodologie doit être en ligne avec l’approche basée sur les droits humains et le genre.

Les méthodes quantitatives : comprennent l’examen et l’analyse des données quantitatives existantes. Cette analyse portera sur l’analyse des données des EDS-MICS 2012, les SMART réalisés depuis 2013, les données des rapports indépendants sur la couverture vaccinale, les données administratives des différents programmes (ex le PEV, programmes nationaux de Lutte contre le paludisme, contre le VIH/SIDA, le programme national de Nutrition, etc.)

Les méthodes qualitatives incluent des groupes de discussion, des entretiens auprès d’informateurs clés. L’équipe d’évaluation sera encouragée à explorer des méthodes novatrices de collecte d’informations qualitatives pour compléter les informations quantitatives. Les entretiens avec des informateurs clés y compris le personnel de l’UNICEF, des autres agences du SNU, les bénéficiaires qui joue un rôle clé dans la mise en œuvre de la stratégie de la survie du jeune enfant.

La revue des documents existants comprendra les documents clés de l’intervention, y compris, mais sans s’y limiter, les UNDAF, CPD, CPAP, PNDS, les plans de travail, etc. La liste des données et des documents existants sera préparée et fournie à l’équipe d’évaluation.

Le cabinet en charge de l’évaluation ou les consultants présenteront une note de cadrage de l’évaluation avec une méthodologie détaillée, qui inclut des éléments à la fois quantitatifs et qualitatifs, conçues pour répondre avec précision aux questions clés. Cette note doit préciser les informations générales disponibles, une déclaration claire du problème, des questions et des problèmes qui doivent être couverts, les hypothèses à tester, les méthodes, les mesures d’assurance de la qualité, et comment les données seront analysées et rapportées. Cette note doit proposer les mesures susceptibles de garantir au processus d’évaluation une assise éthique, et de protéger la confidentialité et la dignité de ceux qui participent à l’évaluation.

La méthodologie décrira la raison d’être de cette méthodologie, la faisabilité et la précision, l’exhaustivité et l’utilité des résultats qui peuvent être attendus. Un chronogramme détaillé indiquant les produits attendus par dates précises et responsables sera proposée par le cabinet en charge de l’évaluation ou les consultants.

Un comité national de pilotage sera mis en place pour valider la méthodologie. Celle-ci devrait s’appuyer sur les meilleures pratiques pour les évaluations dans la mesure du possible.

  1. Produits attendus

Les évaluateurs doivent produire les documents suivants

  • Note de cadrage : qui présente la méthodologie d’évaluation et explique clairement comment l’approche apportera les réponses aux interrogations de l’évaluation et permettra de réaliser l’objectif de l’évaluation. La note doit contenir les outils de collecte de données, le plan d’analyse, le plan de travail avec un chronogramme détaillé.

  • Un premier Draft du rapport, la base de données des données collectées (le cas échéant) avec une présentation PPt au cours d’une session de restitution.

  • Rapport provisoire (au plus tard 1 semaine après la version Draft)

  • Le rapport final (version électronique et deux exemplaires en copie dure)

Le rapport final de l’évaluation comprendra, au moins, les éléments suivants :

  • Résumé exécutif

  • Brève description du programme, de son contexte, montage financier, zones d’intervention, chronologie, modalités de mise en œuvre et acteurs impliqués

  • Objectifs, méthodologie, chronogramme de l’évaluation et difficultés rencontrées / limites de l’analyse

  • Résultats en termes de pertinence, efficience, efficacité, impact, durabilité

  • Analyses et remarques additionnelles (genre, droits de l’Homme)

  • Leçons apprises, défis, conclusions, recommandations,

  • Le plan de mise en œuvre des recommandations selon le canevas en annexe.

  • Annexes

Ces produits seront soumis aux comités de pilotage et technique pour validation.

Le séquençage dans le tableau ci-dessous est une proposition indicative qui peut être améliorée par le Soumissionnaire dans son offre technique. La colonne de milieu indique une durée prévisionnelle pour l’activité et non une quantité d’hommes-jours.

Activité

Durée

Pourcentage de paiement

1

Réunion de cadrage avec le comité de suivi de l’évaluation, entretiens individuels avec l’UNICEF, et collecte des documents clefs

2jours

30%

2

Finalisation des questions et sous-questions d’évaluation

2 jours

3

Adaptation de la méthodologie d’évaluation, du mode de collecte des données pour chaque question d’évaluation, de l’échantillonnage pour les entretiens et les visites de terrain, et développement des outils de collecte

5 jours

4

Elaboration du planning détaillé de la prestation

1 jour

5

Rédaction du rapport de démarrage

1 jour

6

Collecte des données à Conakry (entretiens et revue documentaire complémentaire)

12 jours

30%

7

Collecte des données dans les zones d’intervention (au moins 2 régions) : entretiens avec les parties prenantes et les bénéficiaires, observations terrain, mesures / tests…

21 jours

8

Traitement et analyse des données collectées, rédaction du rapport draft

10 jours

9

Présentation du rapport draft au comité de suivi pour feedback (par écrit et présentation PPT)

1 jour

10

Rédaction du rapport provisoire (intégrant le feedback du comité de suivi et une proposition de plan d’action priorisé pour l’UNICEF et les autres parties prenantes)

3 jours

40%

11

Rédaction du rapport final et d’une présentation PowerPoint intégrant le feedback

2 jours

Durée prévisionnelle = 60 jours

  1. Supervision :

Gouvernance de l’évaluation et engagement des partenaires.

Le gestionnaire de l’évaluation sera l’unité de suivi-évaluation de la section SPPM&E, en étroite collaboration avec le staff senior du CSD. Le SPPM&E s’assurera du respect des normes et standards de l’UNICEF ainsi que du respect des normes de qualité en coordination avec le comité technique. Il veillera également à ce que le comité de pilotage de l’évaluation soit informé de l’état d’avancement de l’évaluation.

Le Comité de pilotage présidé par le Directeur du BSD du Ministère de la Santé, comprend les partenaires de mise en œuvre du programme CSD. Il doit accompagner et animer tout le processus de l’évaluation. Les membres du comité seront désignés par le comité de pilotage avec le souci de garantir l’indépendance de l’évaluation.

Le Contrôle de qualité : la note de cadrage, la méthodologie et les rapports seront revus par le comité de pilotage, le comité technique et le bureau régional de l’UNICEF pour en garantir la qualité.

  1. Qualification et Expériences requises :

L’évaluation sera menée par une institution qui doit mobiliser un consultant international chef d’équipe (avec une très forte expérience en évaluation des programmes de santé publique) et deux consultants nationaux.

Le consultant international (team leader P5) doit avoir les qualifications et expériences requises suivantes :

  • Bac+5 ou doctorat dans un des domaines suivants : Santé publique, sciences sociales, ou équivalent.

  • Au moins 10 ans d’expérience sur des postes à responsabilité, y compris des postes d’évaluation et d’analyse dans le domaine de la santé dans des institutions comparables à l’UNICEF ;

  • Bonne connaissance des programmes de santé publique et d’évaluation, y compris dans les situations d’urgence et connaissance de la littérature actuelle dans le secteur en général ;

  • Excellentes compétences dans le domaine de la recherche, notamment le développement des modèles et outils d’analyse ;

  • Excellentes compétences orale et écrite en français ; connaissance de l’anglais sera un plus ;

  • Bonne connaissance du contexte local, y compris des institutions et des personnes clés ;

  • Compétence dans le domaine des entretiens/interviews et dans le domaine de la facilitation.

Les consultants nationaux rapporteront et seront supervisé directement par le consultant principal (team leader). Les qualifications et expériences requises pour les consultants nationaux, sont les suivantes :

  • Maîtrise ou diplôme d’étude supérieur dans un des domaines suivants : médecine, santé publique, sciences sociales, évaluation des programmes de développement, etc.

  • Au moins 5 ans d’expérience sur des postes à responsabilité, y compris des postes d’évaluation et d’analyse dans le domaine de la santé.

  • Bonne connaissance des programmes de santé publique et d’évaluation, et connaissance de la littérature actuelle dans le secteur en général. L’un des deux consultants nationaux devra avoir une compétence et expérience avérée dans le domaine de l’Eau-Hygiène-Assainissement (WASH).

  • Excellentes compétences orale et écrite en français ; la connaissance de l’anglais sera un plus

  • Bonne connaissance de la gestion axée sur les résultats

  • Bonne connaissance du contexte local, y compris des institutions et des personnes clés

  • Compétence dans le domaine des entretiens/interviews et dans le domaine de la facilitation.

9. Présentation de l’offre technique et financière

L’offre technique devra comprendre les éléments suivants :

Le Soumissionnaire constituera son dossier comme suit :

  1. une offre technique contenant:

  2. Lettre de soumission technique

  3. Compréhension des TdR et propositions d’amélioration

  4. Proposition méthodologique détaillée : critères et questions d’évaluation proposés ; design de l’évaluation surtout pour le critère d’impact ; base de jugement prévisionnelle ; acteurs et documents à consulter ; méthodologie de collecte des données et d’échantillonnage ; éventuellement propositions alternatives d’outils de collecte, d’analyse et de restitution des données ; méthodologie pour l’analyse et le traitement des données ; autres informations pertinentes

  5. Constitution de l’équipe d’évaluation dont les qualifications sont conformes à la liste proposée ci-dessus et en rapport avec la méthodologie proposée par le Soumissionnaire

  6. Chronogramme détaillé de la mission

  7. Expériences et références précises du Soumissionnaire dans des prestations similaires accomplies durant les 5 dernières années, justifiées chaque fois que possible par des attestations de bonne fin

  8. CV détaillés et à jour du personnel mobilisé, faisant ressortir leurs qualifications, et avec les contacts téléphonique et email à jour des clients précédents (commanditaires des prestations listées en références sur le CV)

  9. Attestation de disponibilité du personnel mobilisé

  10. Toute autre information et document utile

  11. une offre financière contenant:

  12. Lettre de soumission financière

  13. Budget global

  14. Budget détaillé donnant une répartition précise des rubriques du montant de la soumission (honoraires du personnel, voyages internationaux et transports locaux, équipements et matériels, communications, etc.)

    Dépôt du dossier de soumission :

    Par email uniquement, à l’adresse email suivante supplyguinee@unicef.org

  15. au plus tard à la date et heure suivante : Lundi 21 Novembre 2016 à 16h00 GMT

  16. Mettre en objet de l’email : ” Evaluation externe CSD – (nom du Soumissionnaire) »

  17. L’offre technique sera envoyée en format PDF

  18. L’offre financière sera envoyée en version PDF ; le budget sera également envoyé en format Excel en plus du format PDF

10. Critères d’évaluation des offres techniques :

Critères d’évaluation technique

Sous-critères techniques

Maximum
Points

Réponse globale

Exhaustivité de la réponse

Concordance globale entre les exigences relatives aux termes de référence et la proposition

5

5

Maximum Points

10

Société et personnel clé

Portée et profondeur de l’expérience avec des projets similaires

Nombre de clients, taille des projets, nombre d’employés par projet

Références clients

Personnel clé :

  • Taille de l’équipe proposée (ni trop grande ni trop petite, avec un chef d’équipe, des experts thématiques et au moins un assistant pour la logistique/gestion des documents/etc.),

  • Expérience et qualifications pertinentes (expertise adéquate en évaluation, et dans les différents domaines de la Survie de l’Enfant : santé, nutrition, WASH… ; la familiarité avec l’UNICEF étant un plus)

5

5

5

5

15

Maximum Points

35

Méthodologie et approche proposées

Méthodologie proposée :

  • Niveau de compréhension du contexte, des objectifs, du périmètre et des critères d’évaluation ;

  • Commentaires/suggestions sur les questions d’évaluation et la méthode de collecte (y compris échantillonnage et triangulation) et d’analyse (quantitative et qualitative) des données

Exhaustivité et réalisme du plan de travail proposé :

  • Chronogramme d’activités

  • Niveau d’effort (nombre de personnes-jours proposé au total et par phase ou par activité – à demander dans les TdR)

  • Approche de l’innovation et stratégies pédagogiques

15

10

Maximum Points

25

Total Maximum

70

11. Évaluation des offres financières

Les soumissionnaires présélectionnées suite à l’évaluation technique verront leur offre financière évaluée, la note financière représentant 30% de la note finale. La note financière sera calculée de la manière suivante : 100 x montant du moins disant / montant de l’offre considérée. Le marché sera attribué au Soumissionnaire ayant obtenu le score technique et financier combiné le plus élevé.

[1] Rep. de Guinee. Stratégie de relance et de résilience socio-économique post-Ebola. Version révisée au 25 Juin 2015.

How to apply:

1. Présentation de l’offre technique et financière

L’offre technique devra comprendre les éléments suivants :

Le Soumissionnaire constituera son dossier comme suit :

  1. une offre technique contenant:

  2. Lettre de soumission technique

  3. Compréhension des TdR et propositions d’amélioration

  4. Proposition méthodologique détaillée : critères et questions d’évaluation proposés ; design de l’évaluation surtout pour le critère d’impact ; base de jugement prévisionnelle ; acteurs et documents à consulter ; méthodologie de collecte des données et d’échantillonnage ; éventuellement propositions alternatives d’outils de collecte, d’analyse et de restitution des données ; méthodologie pour l’analyse et le traitement des données ; autres informations pertinentes

  5. Constitution de l’équipe d’évaluation dont les qualifications sont conformes à la liste proposée ci-dessus et en rapport avec la méthodologie proposée par le Soumissionnaire

  6. Chronogramme détaillé de la mission

  7. Expériences et références précises du Soumissionnaire dans des prestations similaires accomplies durant les 5 dernières années, justifiées chaque fois que possible par des attestations de bonne fin

  8. CV détaillés et à jour du personnel mobilisé, faisant ressortir leurs qualifications, et avec les contacts téléphonique et email à jour des clients précédents (commanditaires des prestations listées en références sur le CV)

  9. Attestation de disponibilité du personnel mobilisé

  10. Toute autre information et document utile

  11. une offre financière contenant:

  12. Lettre de soumission financière

  13. Budget global

  14. Budget détaillé donnant une répartition précise des rubriques du montant de la soumission (honoraires du personnel, voyages internationaux et transports locaux, équipements et matériels, communications, etc.)

    Dépôt du dossier de soumission :

  15. pour les cabinets a l’internationals à l’adresse email suivante supplyguinee@unicef.org

  16. les cabinets residents en Guinee doivent deposer les offres technique et financiere separement a la reception de l’unicef a l’heure et date indiquee

  17. au plus tard à la date et heure suivante : Lundi 21 Novembre 2016 à 16h00 GMT

  18. Mettre en objet de l’email : ” Evaluation externe CSD – (nom du Soumissionnaire) »

  19. L’offre technique sera envoyée en format PDF

  20. L’offre financière sera envoyée en version PDF ; le budget sera également envoyé en format Excel en plus du format PDF

  21. les cabinets interessés peuvent demander les termes de reference a l’adresse supplyguinee@unicef.org.

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