Cameroon: Market Research – International Consultant

Organization: Jesuit Refugee Service
Country: Cameroon
Closing date: 03 Feb 2017

1. APPEL D’OFFRE

1.1. Introduction

La Région d’Afrique de l’Ouest du Service Jésuite aux Réfugiés (d’ors en avant JRS WAF) et l’ONG ALBOAN lance un appel d’offre pour engager un consultant pour la réalisation d’une étude du marché dans les communes de Bertoua et Garoua Boulai, Département Lom-et-Djerem, Région Est du Cameroun (détails au point 2. Etude du marché).

1.2. Budget maximum

EUR 15.000 (quinze mil euro).

1.3. Profil du consultant

· Diplôme en économie ou disciplines affines

· 10 ans d’expérience de travail

· 3-5 ans d’expérience dans le domaine des études de marchés informels

· Maitrise du français parlé et écris

· Une expérience précédente dans le monde humanitaire est préférable.

1.4. Documentation à présenter

· Lettre de motivation

· CV

· Au moins 3 personnes de référence

· Documentation attestant le niveau académique atteint

· Plan d’étude du marché, incluant

  • Méthodologie de récolte de données

  • Méthodologie d’analyse de données

  • Méthodologie d’implémentation des recommandations

  • Chronogramme détaillé

· Budget spécifiant tous les couts détaillés relatifs à la consultance.

Toute la documentation, sauf la documentation académique, doit être présentée en français

1.5. Méthodologie d’évaluation des offres

Les offres seront évaluées par une équipe mixte JRS WAF – ALBOAN sur la base de :

· Documentation envoyée par les candidats

· Budget

· Entretien avec les candidats

· Contact avec les personnes de référence indiquées par les candidats.

2. ETUDE DU MARCHE

2.1. Contexte

Contexte général

L’insécurité, la violence et les violations généralisées des droits de l’homme par des éléments armés contre la population en République centrafricaine (RCA), y compris la torture, les violences sexuelles, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées, ont généré un constant afflux de réfugiés au Tchad, au Cameroun, en République démocratique du Congo (RDC) et en République du Congo, à partir de Décembre 2013. Beaucoup de réfugiés se sont installés dans des villes et villages d’accueil, tandis que d’autres ont été déplacés dans des camps de réfugiés.

Sur les 259.000 réfugiés en provenance de la République centrafricaine (RCA), 131.000 sont arrivés au Cameroun depuis Décembre 2013 et vivent dans les régions Est, Adamaoua et Nord. 99.000 sont arrivés avant 2014 et le reste en 2014 au plus fort du conflit en RCA. Seulement la moitié d’entre eux sont situés dans les sept sites dédiés mis en place par le HCR. La moitié restant vit dans les villages. Avant ces arrivées, il y avait déjà près de 100.500 réfugiés de la RCA dans le pays, ce qui porte le chiffre total des réfugiés centrafricains au Cameroun à 259.000. Cependant, en général, la situation humanitaire des réfugiés de la RCA s’est stabilisée en 2015. La majorité des réfugiés sont d’origine Peuhl et travaillent comme éleveurs de bétail connus sous le nom de Mbororo, bien qu’un nombre important soit des commerçants d’origine urbaine.

Les besoins des réfugiés de la RCA demeurent élevés, avec un certain nombre de normes humanitaires importantes qui n’ont pas encore été respectées, en particulier dans les sites de réfugiés et dans les villages accueillant une forte proportion de réfugiés.

Presque tous les réfugiés arrivés après janvier 2014, ainsi que quelque 18.000 réfugiés vulnérables arrivés avant, dépendent de l’aide alimentaire. Les niveaux de malnutrition sont élevés sur certains sites et environ 34% de la population est considéré comme menacé d’insécurité alimentaire. La malnutrition aiguë mondiale (GAM) dans les sites de réfugiés s’élève à 9,6% des enfants (6 à 59 mois). Bien qu’il n’y ait pas d’obstacles juridiques ou politiques, l’accès des réfugiés aux services de base tels que l’éducation et les services de santé reste insuffisant et doit être renforcé. Environ 75% des enfants réfugiés d’âge scolaire n’ont jamais fréquenté l’école. Les conséquences sanitaires des crises nutritionnelles n’ont pas encore été complètement abordées, mais restent au cœur des programmes humanitaires. Les installations d’eau et d’assainissement sont inférieures aux normes. En même temps, 19% des villages accueillant des réfugiés n’ont pas une source d’eau adéquate et doivent recevoir des solutions. La majorité de la population Mbororo a perdu la majeure partie de son bétail en RCA. Seulement 37 pour cent des chefs de ménage ont un revenu régulier, principalement par la conduite de travaux commerciaux ou domestiques. Les réfugiés ont un bon accès aux marchés et au commerce, mais seulement dans les zones frontalières. Seule une faible proportion de la population réfugiée a accès à une aide aux moyens de subsistance.

L’élection, en 2016, de Faustin Touadéra à président de la RCA ressemblait à un point tournant. Néanmoins, l’espoir initial de un possible rentré des réfugiés en RCA a été balayé. L’agence pour les réfugiés U.N. a récemment organisé un exercice de relocalisation volontaire, mais seulement 3 % cent des réfugiés a accepté la chance de revenir à la RCA.

Le Cameroun, signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, a pratiqué une politique de porte ouverte à l’égard des réfugiés de la RCA, leur permettant de s’installer parmi les communautés d’accueil et d’accéder aux services et aux ressources naturelles. Malgré le fait que les régions accueillant les réfugiés restent parmi les plus pauvres au Cameroun, les autorités locales ont permis aux réfugiés d’accéder aux services de base. Un certain nombre de facteurs peuvent néanmoins créer des tensions sur cette politique, notamment en raison de la concurrence sur les ressources naturelles avec les communautés d’accueil et de la perception que les réfugiés peuvent devenir vecteurs d’instabilité liée à la criminalité ou aux conflits armés en RCA.

En raison du nombre considérable de réfugiés que le Cameroun accueille, le Président Paul Biya a été invité au Sommet des Leaders sur les réfugiés et les migrants organisé par le Président américain Obama en marge de la 71ème Assemblée générale des Nations Unies. Dans son intervention, le Chef de l’Etat du Cameroun a réitéré l’engagement de son pays à poursuivre sa politique d’accueil et de solidarité envers les réfugiés. Il a également lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte un soutien accru aux pays qui s’occupent de situations de réfugiés graves et prolongées, y compris au Cameroun. Le Président a en outre souligné l’engagement fort du HCR et de ses partenaires dans le renforcement des services de base dans les zones d’accueil des réfugiés et a souligné l’importance de la convention récemment signée entre le Ministère de la santé publique et le HCR qui garantit aux réfugiés l’accès aux services de santé publique. Le Président a aussi montré appréciation pour les efforts en cours pour délivrer les cartes d’identité des réfugiés après vérification biométrique.

Pour répondre à la crise de la RCA, la communauté humanitaire a développé un Regional Refugee Response Plan (RRRP), qui est envisagé comme une stratégie de partenariat régional et un plan coordonné d’intervention des réfugiés des agences des Nations Unies et des ONG partenaires et sert de plate-forme commune de plaidoyer et de collecte de fonds pour tous les acteurs impliqués. Le RRRP vise à définir la stratégie de protection et d’assistance humanitaire aux réfugiés et aux communautés d’accueil touchées. Il vise également à promouvoir le passage de l’aide d’urgence à des solutions plus durables en fournissant un terrain d’entente pour plaider en faveur de l’appui aux plans nationaux de développement et une participation accrue des acteurs du développement dans la région.

Contexte spécifique : opportunités d’emploi

Les jeunes sont marginalisés économiquement, et socialement. En particulier, quelques 114.000 jeunes hommes et 70.000 jeunes femmes sans emploi, dont le manque de perspective risque de générer des ressentiments envers les autorités traditionnelles et institutionnelles et les rendent susceptibles de se tourner vers des activités criminelles et au recrutement par les groupes extrémistes.

Les partenaires estiment que 1,2 million de personnes à travers le pays sont touchées par les conflits et les crises climatiques, économiques et sociales. Les personnes en besoin incluent l’ensemble de réfugiés présents au Cameroun, les déplacés internes, populations hôtes, ainsi que certains segments de la population locale particulièrement vulnérables notamment les jeunes. Comme pour les milliers de réfugiés et PDI affectés par la crise, les différents facteurs anthropiques et naturels à l’origine de la situation humanitaire s’ajoutent aux conditions précaires de populations locales accablées par des années de chocs successifs. L’insécurité paralyse les secteurs clés de l’économie locale, dont les effets néfastes se ressentent sur la santé, l’alimentation, la nutrition, les services sociaux de base et l’environnement. Ceci génère des tensions socioéconomiques et intercommunautaires qui peuvent affaiblir la cohésion sociale, éroder la confiance envers les autorités en place et accentuer l’insécurité.

Concernant spécifiquement la communauté refugiée, la principale source de moyens de subsistance est l’élevage du bétail. De nombreux éleveurs nomades de Mbororo parmi les réfugiés de la RCA ont perdu leur bétail alors qu’ils se trouvaient en RCA et ne pouvaient poursuivre aucune activité génératrice de revenus. Seulement 37% des chefs de ménages sont économiquement actifs. Environ 83% de la population utilisent régulièrement des stratégies d’adaptation négatives pour gérer les pénuries alimentaires des ménages.

Principaux défis

· Niveau éducatif : le niveau d’analphabétisme, particulièrement chez les Mboro, le bas niveau éducatif et la manque de formation professionnelle, limite énormément l’accès au marché local.

· Accès aux ressources naturelles : l’accès restreint aux ressources naturelles demeure le principal défi avec des terres limitées pour les activités bovines et agricoles et des pénuries d’eau et de bois pour les réfugiés.

· Crise économique : la crise économique, l’incrémentation massive de la population dans certaines zone et la pression sur les ressource naturelles dans des régions qui, avant la crise humanitaire, étaient déjà parmi les plus pauvres du Pays, ont réduit les opportunité d’accès au marché local.

· Variété limitée de compétences de travail : 85% des réfugiés ont uniquement des compétences dans le domaine de l’élevage traditionnel. On estime que seulement 15% des réfugiés ont de l’expérience dans le commerce ou les activités commerciales.

· Access à la terre : selon les enquêtes et les évaluations participatives auprès des réfugiés, plus de 80% des réfugiés ont besoin d’accéder à la terre, car ils sont des éleveurs de bétail et / ou des agriculteurs.

· Accès au capital financier : l’identification des réfugiés n’est pas reconnue par les institutions financières, ce qui entrave l’accès des réfugiés aux marchés financiers et d’épargne.

· Cohabitation : L’élevage incontrôlé de bétail provoque souvent des conflits avec les populations locales, composées essentiellement d’agriculteurs, et d’autres éleveurs de bétail et nuit à l’environnement, en particulier lorsque le troupeau de bétail est dans des aires protégées.

Réponse prioritaires

· Favoriser la pérennisation des moyens de subsistance et l’autonomisation des groupes les plus vulnérables.

2.2. Objectifs de l’étude du marché

Etudier le marché du travail de Bertoua et Garoua Boulai pour déterminer les tendances de la demande d’emploi et, par conséquent, orienter les cours de formation professionnelle fournis par JRS vers les débouchés plus viables.

2.3. Résultats attendus

· Analyse du marché du marché du travail de Bertoua et Garoua Boulai.

· Analyse des tendances de la demande de l’emploi.

· Identification des niches du marché locale sous-exploitées.

· Recommandations par rapport aux cours de formation professionnelle à offrir aux jeunes réfugiés.

2.4. Chronogramme indicatif

18-19 Février: Départ du consultant pour Yaoundé

20-21 Février: Rencontre avec l’équipe du Bureau Régional (BR) de JRS à Yaoundé

22 Février: Déplacement et installation au terrain (Bertoua- Garoua Boulai)

23 Février – 18 Mars: Travail sur le terrain (Bertoua- Garoua Boulai)

19 Mars: Déplacement et installation à Yaoundé

20 Mars: Bilan final du travail de terrain avec l’équipe du BR (Yaoundé)

21 Mars: Départ pour le lieu d’origine du consultant

22-25 Mars: Finalisation du rapport sur l’étude du marché

26 Mars: Présentation du rapport final de l’étude du marché

2.5. Composition de l’équipe

JRS Cameroun – Chef de la mission pour la réalisation de l’étude du marché

JRS Cameroun – Assistante du Chef de la mission

Consultant pour la réalisation de l’étude du marché

2.6. Site objet de l’étude du marché

Commune de Bertoua – Département Lom-et-Djerem, Région Est du Cameroun

Commune de Garoua Boulai – Département Lom-et-Djerem, Région Est du Cameroun

2.7. Livrables

· Rapport d’étude de marché.

How to apply:

1. Modalités et dates de présentation, évaluation et sélection des offres

· Présentation des offres : vendredi 03 février à 23 :00 heures (horaire de Rome). Toutes offres qui seront envoyées après cette heure ne seront pas prises en considération. Toute offre doivent être envoyées aux suivants adresses emails :

· Evaluations des offres : de vendredi 03 à lundi 06 février.

· Sélection du consultant : le consultant sélectionné pour mener l’étude du marché sera informé le mardi 07 février.

2. Démarche post- sélection

Après la sélection, JRS WAF enviera au consultant :

· Contrat de consultance

· Code de conduite de JRS, dont la signature est conditio sine qua non pour l’engament du consultant

· Lettre d’invitation pour le Cameroun.

Tous les couts, directs et indirects, relatifs à la mission devront être couverts par le consultant avec les fonds prévus dans le budget approuvé par JRS WAF et ALBOAN. JRS ne couvrira aucun frais du consultant. Toutes les démarches bureaucratiques relatives au visa sont de l’entière responsabilité du consultant.

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